
Écrit par
Bénédicte Laur
Publié le
Temps de lecture
5 min de lecture
Fatiguée de ces tensions qui s’installent à la maison ou au travail...
Rassurez-vous : vous n’êtes ni faible, ni mauvaise communicante. Vous êtes simplement humaine.
Et surtout : il existe une autre voie que la fuite, les disputes ou l’explosion intérieure.
Très souvent, tout commence par une journée déjà bien remplie.
Des responsabilités professionnelles lourdes, des décisions à prendre, une charge mentale constante.
Puis vient la “deuxième journée” : les enfants, les devoirs, les repas, l’organisation familiale, l’intendance et même les imprévus.
Et au milieu de tout cela, un partenaire, lui aussi fatigué, stressé, parfois maladroit, voire qui dépasse les bornes.
Alors les conflits apparaissent :
Un lavabo mal rincé.
Une remarque de trop.
Un ton un peu sec.
Et soudain, tout explose, la discussion dégénère.
Ce qui était une micro-frustration devient une dispute. Le ton monte. Les mots dépassent la pensée.
Ces conflits répétés grignotent l’énergie, créent de la distance, installent le doute.
On se demande si le problème vient de soi, de l’autre, ou de la relation elle-même.
On se replie. On rumine. On doute. De soi, de l’autre, du couple, parfois même de l’avenir.
Un conflit n’est presque jamais le vrai problème.
Il est un symptôme plus profond :
On essaie alors de « faire mieux » : mieux s’organiser, mieux planifier, mieux gérer son stress,
Mais la résolution des conflits et la paix relationnelle ne se gagnent pas uniquement avec des to-do lists.
Elle se construit en amont, dans la manière dont on communique, dont on se positionne, dont on négocie sa place.
Pendant plus de douze ans, j’ai travaillé dans la négociation de contrats internationaux, dans des contextes complexes, multiculturels, parfois très tendus.
J’y ai appris une chose essentielle : les conflits ne se règlent pas par la force ou la domination, mais par la clarté.
=> La clarté sur ses besoins, ses contraintes.
=> La clarté de ses limites.
=> La clarté de son intention.
Et j’ai d’ailleurs pu constater l’impact de ces techniques de négociation en les appliquant à ma vie personnelle, me permettant de sortir d’une situation conjugale difficile, avec des enjeux émotionnels et matériels importants.
Si ces outils fonctionnent dans des environnements sous haute pression, ils sont d’autant plus puissants dans le quotidien.
La gestion diplomate des conflits ne consiste pas à « bien parler après coup ».
Elle consiste à agir en amont, avant l’explosion.
Et pour cela, trois piliers sont essentiels :
La CNV est un outil précieux pour transformer les tensions en dialogue.
Elle repose sur quatre étapes simples, profondément transformatrices, pour exprimer ce qui se passe, sans attaquer l’autre :
Un exemple dans une colocation, si l’un des colocs laisse toujours son assiette dans l’évier après le repas et que cela vous agace.
Au lieu de :
« Tu laisses toujours traîner ta vaisselle, j’en peux plus, tu ne penses jamais aux autres ! »
Essayez :
« J’ai remarqué que l’assiette que tu avais utilisée pour mangée était restée sale dans l’évier à plusieurs reprises.
Je me sens frustrée, parce que j’ai besoin de propreté et de coopération, comme on l’avait évoqué au départ.
Est-ce que tu pourrais la laver après usage ? »
=> Même idée, impact totalement différent.
L’assertivité, ce n’est ni se taire, ni dominer. C’est la capacité à s’exprimer clairement et d’exister pleinement avec respect pour soi et pour l’autre.
Il faut d’abord comprendre que notre cerveau réagit beaucoup mieux aux formulations positives qu’aux négatives.
Dire ce que l’on souhaite, plutôt que ce que l’on ne veut plus est bien plus efficace aussi bien pour nous-mêmes que pour notre interlocuteur.
Par exemple, en éducation, au lieu de dire à un enfant :
“ Ne cours pas partout dans le restaurant”
Essayez :
“tu peux marcher doucement entre les tables ou revenir t’installer tranquillement à table”
L’enfant a en plus 2 options pour faire un choix.
Cela s’applique également dans le couple ou au travail où l’assertivité crée un climat de coopération, là où l’agressivité ou l’autorité créent de la résistance.
Chaque conflit implique plusieurs forces en présence :
Adopter une posture de négociation, c’est :
Ce n’est pas manipuler.
C’est faciliter la relation.
Quand vous intégrez ces outils, les effets sont concrets et profonds :
Les tensions ne disparaissent pas toujours, mais elles ne vous submergent plus.
Désamorcer un conflit peut devenir une opportunité de :
La gestion diplomate des conflits n’est pas une technique froide. C’est un art vivant et profondément humain.
Un art qui permet de s’affirmer sans se renier. De dire non sans rompre la relation. De construire sans s’effacer.
Un art que vous pouvez apprendre et incarner.
Parce que la paix relationnelle n’est pas un luxe. C’est un pouvoir !
Et si l’affirmation de vous devenait, enfin, votre nouveau super-pouvoir ?